MARCO POLO

Lorsque l’on cherche à évoquer les aventuriers mythiques, les grands découvreurs, ceux qui, en quelque sorte, ont façonné l’Histoire en allant à la rencontre des peuples les plus éloignés, quelques noms viennent tout de suite en tête. On pense à Christophe Colomb, à Vasco de Gama ou encore Amerigo Vespucci. On pense aussi, et en premier lieu, à Marco Polo. Sa découverte de l’Asie et le mythique ouvrage qu’il en tira, le Livre des Merveilles, façonna l'histoire de l’Europe et des grandes découvertes.

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Marco Polo : un marchand vénitien en quête d’aventures

Marco Polo est né le 15 septembre 1254 à Venise. Une naissance qui se fait dans une riche famille de commerçants tournée vers l’Asie, comme de nombreuses autres à Venise car la ville était à l’époque la porte d’entrée pour le monde oriental. Marco Polo va grandir sans voir beaucoup son père, le négociant étant souvent parti dans les divers comptoirs familiaux, en particulier à Constantinople.

Le véritable tournant de la vie de Marco Polo se fait alors que ce dernier a 15 ans. Son père, ainsi que son oncle, reviennent alors d’un long voyage qui les a mené dans l’actuelle Chine. Ces derniers y ont fait la rencontre de Kubilai Khan, qui n’est autre que le petit-fils du célèbre Gengis Khan et qui est l’empereur le plus puissant d’Asie et du monde à l’époque. La dynastie Khan, forte de son aura et de son pouvoir, propose ainsi un partenariat avec la famille de Marco Polo. Ces derniers obtiennent l’exclusivité des relations marchandes entre la Chine et la chrétienté en échange d’un voyage d’une centaine de savants de toutes disciplines venus de l’Europe afin que Kubilai Khan, sa cour et son empire puisse découvrir l’Occident.

C’est à l’issue de cette transaction en 1271, et avec l’appui du pape, que la famille de Marco Polo repart avec ce dernier à la cour de Kubilai Khan. Il y restera de nombreuses années, environ 20 ans, durant lesquels il aura tout le loisir d’apprendre la langue, la culture, les paysages, les peuples de cette région de l’Asie. Il fit de nombreux déplacements dans toute cette région du globe, parfois sur des durées de plusieurs années. Il sut aussi obtenir des informations de première main sur les zones qu’il n’avait pas vu de lui-même, sources sur lesquelles il s’appuiera pour raconter ses aventures plus tard.


Marco Polo à la découverte de l’Orient

De Marco Polo, on a une image d’aventurier, de riche marchand de Venise. Ces images sont justes mais elles sont en réalité bien loin de refléter la complexité des rôles qu’a tenu Marco Polo au cours de sa vie.

Il faut tout d’abord retenir que son voyage en Chine et dans l’Asie orientale ne correspond pas à l’entièreté de sa vie. Entre son départ de Venise pour la cour de Khan jusqu’à son retour définitif à Venise, il faut compter une trentaine d’année. Il faut surtout voir que toute la famille Polo, y compris lui-même, est partie dans l’optique d’être des ambassadeurs du monde occidental, et de la papauté, auprès de la plus influente cour asiatique. Si l’exclusivité des transactions marchandes a été obtenue par le père de Marco Polo, ce dernier n’en avait pas la gestion. Il faut plus voir Marco Polo comme un ambassadeur, un conseiller du Prince que comme un homme d’affaire qu’il n’était pas.

Mais cette précision n’enlève en rien ni à l’image de Marco Polo ni aux récits qu’il a pu faire de tous les voyages réalisés en Asie en tant que conseiller de la cour de Kubilai Khan. Car c’est bien ce titre, conseiller auprès de l’empereur, qu’il faut retenir à propos de Marco Polo. C’est d’ailleurs ce qui lui a donné la possibilité de voyager dans toute l’Asie de façon privilégiée et d’en découvrir tant de choses, ce qu’il n’aurait certainement pas pu faire en tant que simple marchand. De ses périples, Marco Polo a raconté les contrées découvertes, ses voyages, ses relations avec Kubilai Khan et ses proches dans un récit intitulé le Livre des Merveilles. Dicté alors qu’il est emprisonné à Gênes, le livre a littéralement traversé les âges bien que l’original n’existe plus. Marco Polo y raconte le monde oriental alors complètement inconnu des européens, si ce n’est pour les marchands qui vont jusqu’en Chine. Le choc de la découverte de cette culture fait le succès de ce récit. Il ne faut cependant pas y voir un récit à la façon d’un journal de bord ni encore moins un ouvrage parfaitement objectif de l’Orient. Kubilai Khan y est mis en valeur, la culture orientale sublimée au point de n’y voir en elle que des merveilles, d’où le nom de l’ouvrage. Si le récit n’est en rien parfait du point de vue de l’Histoire, de la sociologie ou de tout autre domaine, il est la plus incroyable invitation à voyager, celle qui est restée d’actualité tout au long de ce millénaire.